03/04/2007

Pilate n'avait-il pas raison ?

Dans la culture ambiante, jamais peut-être l'ambiguïté n'aura été aussi grande quant à tout ce qui concerne la vérité. Déjà, par les médias nous nageons dans des images et des pseudo-réalités que l'on appelle virtuelles; c'est devenu du pain quotidien. Les pouvoirs sont plus sournois que jamais pour nous faire avaler n'importe quelle couleuvre selon ce qui leur convient. Voyer comment les politiciens viennent nous leurrer à la T.V. avec des sourires angéliques pour mieux nous arranger à leur sauce. Comment les gestionnaires de la finance manipulent à leur profit les hommes comme les capitaux sous les prétextes les plus fallacieux de condition de survie pour leur entreprise. Voyez les flatteries et les mensonges simplets de toutes les publicités dont nous sommes matraqués en vue de notre usage de tant de produits plus ou moins utiles et efficaces. Comme si ça ne suffisait pas, il y a encore pour nous dérouter les boniments de marchands de religions ou autres idéologies de tout poil... Tout étant présenté comme vérités, on nage constamment dans l'a peu près, si pas dans le mensonge. Il nous faut faire grand effort pour déceler la vérité dans tout ce qui nous entoure et qui nous conditionne. Pour ne pas en souffrir et pour ne pas être ces irresponsables que l'on mène par le bout du nez, telles les foules qui ont suivi Hitler ou quel qu'autre dictateur, ou encore tels ceux qui, il y a 2000 ans, se sont laissé ameuter par les chefs des prêtres, scribes et pharisiens, et ont crié : "A mort, crucifiez-le!" sans trop bien savoir ce qu'ils faisaient. En disciples de la vérité, nous ne pouvons pas rester indifférents devant cette évolution de la société. Et tout en sachant que nous ne pouvons pas grand chose, nous ne pouvons surtout pas prétexter que cela nous dépasse pour ne rien faire... Nous avons à être suffisamment inventifs pour faire bouger les choses là où nous pouvons avoir quel qu'influence, si minime soit-elle.

 

Mais dans ce conditionnement déplorable, il nous faut aussi et surtout faire grand effort pour ne pas laisser influencer nos propres consciences, ou point où elles en deviendraient altérées quant à notre propre capacité de dire la vérité et d'agir en vérité dans nos vies. Jésus nous appelle sans cesse à être vrais. "Que chacun dise bien la vérité à son prochain" recommandait déjà le prophète Zacharie, "Que votre oui soit oui, que votre non soit non; tout le reste vient du démon" dit Jésus en Mt5,37 et Jac. 5,12 reprend textuellement la recommandation à son compte. "Ne nuisez pas à la vérité par vos mensonges" recommande le même apôtre. (3,14) "Petit enfant, n'aimons ni de mots ni de langue; mais en actes et en vérité. A cela nous saurons que nous sommes de la vérité" (Jn 3,18-19) "Je vomirai les tièdes", au aussi dit tout net Jésus qui, ne l'oublions jamais est mort pour avoir parlé trop clairement ! Or, il faut oser le dire, cette netteté du langage, est trop peu souvent l'apanage des qui se réclament du christianisme. Les milieux politiques qui en portent le nom se vouent trop facilement à un extrême centrisme qui devient du chèvrechoutisme inefficace. Les milieux cléricaux, au nom d'une douteuse sagesse, s'abstiennent tellement souvent de s'engager sans ambages. Tandis que la pratique, dite jésuitique, de la restriction mentale nous colle à la peau comme une caractéristique dénoncés par les milieux non-croyants. Enfants de Dieu, enfants de la vérité, dire clairement la vérité et agir de tout vérité devrait nous caractériser au contraire. Il nous faut faire bien attention à pratiquer la vérité selon l'évangile de ne pas être du clan si souvent dénoncé par Jésus, celui des Pharisiens.

 

Mais il y a un pas pas de plus à faire, c'est la vérité sur nous-même, tout simplement; ce à quoi Jésus nous appelle sans cesse. Dans la parabole du Pharisien et du Publicain, qui donc est déclaré juste, sinon celui qui connaît ses limites et peut les avouer? Repensons ici à  cette succulente histoire de la femme adultère... Avant que Jésus prononce cette fameuse parole : "Que celui qui n'a jamais péché lui jette les première pierre !" il avait observé un long silence, un silence qui agaçait ses interlocuteurs parce qu'à lui seul, il les forçait à faire un retour sur eux-mêmes. Cela, ils ne le supportaient pas; ça les troublait aussi et pour meubler ce silence, ils le harcelaient en exigeant une réponse. Oser se regarder soi-même, du fait d'oser se découvrir et s'accepter tel qu'on est, et à tout âge, cela demande beaucoup de courage. Il m'arrive de penser que le comportement pharisien (quand on sait que les Pharisiens sont des gens reconnus comme bien intentionnés) est le fait de ceux qui voudraient bien, mais n'arrivent pas à ce stade de vérité, et à partir de là se protègent derrière le paravent d'une attitude qui sonne faux.

 

"Qu'est-ce que la vérité?" avait répondu Pilate. C'était peut-être la plus belle réponse qu'il puisse faire en tant que païen. Car au moins lui n'a pas prétendu la posséder. Car de toute façon, parvenir à la vérité, c'est tout un programme; et c'est le programme toute vie et de toute vie chrétienne en particulier. Notre vie est un cheminement constant de recherche de la vérité qui devient en finalité recherche de Dieu. Qui croit posséder la vérité est nécessairement dans l'erreur et commence à s'adonner au sectarisme. Non, la vérité ne se laisse pas posséder, elle cherche au contraire des serviteurs. D'humbles serviteurs. La vérité s'accompagne toujours de l'humilité, dans nos vies comme déjà en Dieu lui-même. "Cherchez Dieu, vous tous les humbles de la terre... cherchez la justice, cherchez l'humilité, disait déjà le prophète. (Soph 2,3) "Heureux ceux qui ont une âme de pauvre" dira Jésus.  C'est pour cela que la vérité a tant d'affinités avec l'amour.  Lpv

19:18 Écrit par Lpv dans Religion | Lien permanent | Commentaires (0) | Tags : paques, religion, christianisme |  Facebook |

31/03/2007

Propos de carême (3)

Jésus Christ et la morale  

 

Toute l’ambiguïté des choix et relations humaines se retrouve dans la nébuleuse appelée « morale ».

 

Morale de ceci, de cela, patati et patata…

Les pharisiens n’ont jamais disparu, ils sont toujours les chantres moralisateurs d’antan.  François pensait que l’espèce était en voie de disparition, et sa conclusion penche maintenant vers une recrudescence.  De ce côté là, si Jésus revenait, il ne serait pas trop perdu !  La morale  est devenue trop souvent le repaire des hypocrites. 

Jésus a déclaré (Mc 12,31) : « Voici le second (commandement), tu aimeras ton prochain comme toi-même.  Il n’y a pas de commandement plus grand  que ceux-là ».  Avec ces quelques mots, Jésus réussit une synthèse d’une rare simplicité.  Les grands discours intellectuels peuvent retourner à leurs  chères études.

Une autre innovation de Jésus est le pardon, c’est sans aucun doute, l’acte le plus difficile à mettre en pratique.

Aimer son prochain sans avoir intégré le pardon n’est pas possible. 

Il faut ajouter un « ingrédient » : le partage.

Ce thème est abordé à plusieurs reprises durant la vie de Jésus.  Sans ces trois préceptes, le christianisme n’a plus de raison d’être. 

 

Pour le reste, Jésus n’est pas très bavard, les apôtres le seront plus.  Toutefois, la conformité de leurs propos au message-même de Jésus est parfois difficile a établir.  Au vingt et unième siècle,  il n’est plus raisonnable de déclamer une morale sur une tradition…   Il ne faut pas éclipser d’un coup de crosse magique l’évolution de l’existence.  A entendre les bonzes de Rome, l’homme serait incapable de penser ce qui pourrait être bon pour lui.  Il faut croire qu’ils nous prennent pour des débiles amoraux.  Par chance, il nous reste encore Jésus…  Il est plus facile  d’édicter une « morale » rigide et éternelle que de faire face aux défis présents et a venir.   

 

La dernière campagne électorale présidentielle des Américains a été le théâtre du retour de la  morale.  Le candidat le plus « vertueux » a gagné les faveurs des citoyens d’Amérique.  La morale la plus « vertueuse » a fait pencher la balance dans le camp de l’intolérance.  Ainsi, la guerre de l’axe du bien contre l’axe du mal a été conforté.  Cet exemple montre parfaitement la limite de la morale.  Comment est-il pensable que des millions de personnes croient faire partir de l’axe du bien ?  Il faut croire que leur Dieu est issu de l’époque des Croisades.

Cet état de choses ne satisfait pas François qui, lui, pense que pour adhérer à cette « croyance », il est nécessaire de concevoir le monde uniquement à partir de soi et pour soi.  Avec un peu de logique, il est facile de s’apercevoir que concevoir un monde à partir de soi-même est voué à l’échec ; cela équivaudrait à ce qu’ une partie des humains soit au-dessus de tout et tous.  Dans notre vie quotidienne n’est-ce pas déjà ce principe qui prédomine ?

Dans cet exemple, force est de constater que la morale mal interprétée est devenue immorale.  Ainsi donc la morale devient facilement une tueuse silencieuse…  

 

François a, comme beaucoup, des obsessions ; la sienne est la morale économique.  Ce sujet, nous préférons le rencontrer dans les livres, articles…  Et pourtant, Jésus dans sa vie publique, à bien essayé de convaincre de la nécessité d’établir une morale économique.  Mais, les puissants de cette époque ont vu le danger se rapprocher, nous connaissons l’option qu’ils ont préférée…   Les puissants de notre époque n’ont guère changé les méthodes.  Les procès ne sont même plus nécessaires.

Pour s’en convaincre, constatons simplement les « disparitions »  et « suicides », des personnes qui réclament plus de justice.  En Amérique du sud et Afrique, les Etats tiers n’hésitent pas à  prêter main forte.

Vouloir établir une morale économique est dangereux, pourtant le besoin n’est plus à prouver.  Jésus n’a jamais arrêté son combat pour plus de justice et équité.  C’est sans doute par manque d’intelligence, que François ne comprend pas qu’il soit possible d’être  chrétien et en même temps, être un puissant de ce monde. 

 

Jésus durant sa vie publique ne s’est pas permis d’ ériger une liste d’interdits moraux.  Il a montré au travers de sa vie terrestre la miséricorde du Père.  L’origine de la morale catholique ne trouve donc pas sa provenance en la personne de Jésus.  Elle a été établie par l’homme durant  vingt et un siècles.  Nous pouvons établir qu’elle a évolué durant cette longue période.  Pour ne pas perdre son emprise sur le clergé et le peuple des baptisés, la morale s’est endurcie, et un chapelet d’interdits vu le jour.

Le plus révoltant pour François, c’est que l’intolérance a pris de l’importance au nom de Jésus Christ.  L’objectif de vie fraternelle de Jésus a très vite été remplacé par une morale intolérante, et la libération de l’homme par l’homme renvoyé au placard… 

 

La morale tueuse et silencieuse, occupe une place en vue dans le fonctionnement de notre société actuelle.

L’enseignement de Jésus est détourné au profit de conceptions de vie intolérantes.  La science devient pour certains une œuvre du Malin, alors que son objectif est d’assister l’homme durant les épreuves de sa vie.

L’homme n’est pas immature. Lorsqu’il estime qu’un problème éthique peut survenir,  il prend le temps de réfléchir.  La connaissance du bien et du mal, les religions pensent en être dépositaires.  François comprend très bien cette position : les religions telles que conçues actuellement ont peur de perdre leur monopole.  Pour ma part confie François, je ne peux que me réjouir de cette situation.  Où est Jésus dans ce débat ?  Il ne faut pas le chercher : sa préoccupation est de rendre l’homme responsable face au choix qu’il doit effectuer.  Jésus n’a jamais enseigné sur : l’avortement qui existe depuis toujours, la procréation assistée, l’homosexualité…  Par contre, il n’a jamais caché son opinion sur les pauvres (matériellement et moralement), les gardiens de la doctrine, l’argent…

Bref, les préoccupations de Jésus ne sont pas les mêmes que celles des religions.  Lpv

18:45 Écrit par Lpv dans Religion | Lien permanent | Commentaires (0) | Tags : religion, careme |  Facebook |

11/03/2007

Coupure de presse

Il faut sauver la planète !

 

Pollutions, réchauffement du climat et épuisement des ressources : la catastrophe universelle est annoncée. Les chrétiens peuvent-ils rester au balcon ? Les écologistes veulent sauver la nature. Les religions sauver l'homme.  Est-ce compatible ?

 

Dans le combat pour sauver la planète, il y a eu des voix prophétiques qui longtemps ont eu l'impression de prêcher dans le désert.  Les gens "raisonnables" les prenaient pour de doux utopistes ou des oiseaux de mauvais augure quand il annonçaient des catastrophe si l'homme ne changeait pas radicalement de mode de vie, de production et de consommation.

Jean-Marie Pelt "prêche" ainsi depuis plus de trente ans pour un autre rapport de l'homme avec la Nature. Botaniste-écologiste de renom, professeur émérite de Nancy, président de l'Institut européen d'écologie de Metz, ils est connu pour ses nombreux ouvrages sur les plante mais aussi sur les dangers qui menacent la vie sur terre. Parmi ceux-ci, un titre explicite : Après nous le déluge ? C'est aussi un catholique. Écologie et spiritualité peuvent-ils converger ? C'est le credo de Jean-Marie Pelt.

 

- On a l'impression qu'on a jamais autant parlé d'écologie et d'avenir de la planète que ces derniers mois?

- Nous avons créé l'Institut européen d'écologie en 1971. Cela fait 36 ans que je suis dans le bain de l'écologie et cela n'a jamais bougé comme maintenant. Nous sommes arrivés à un stade où les prises de conscience sont généralisées et où surtout les gens voient le réchauffement climatique. Ils constatent les automnes ou les hivers trop doux, les ouragans sur La Nouvelle Orléans. On ne réagit qu'à ce qu'on voit vraiment.

- Cela ne risque-t-il pas d'être un feu de paille ?

- Je ne pense pas que ce sera un feu de paille. Il y a dans les opinions publiques un changement très profond, quel que soit en France le prochain président. Un exemple. Dans le domaine de la lutte contre le réchauffement climatique, tous sont maintenant d'accord pour dire qu'une isolation thermique optimale des maisons permettra de diminuer la facture d'énergie, de diminuer les gaz à effet de serre, créer un grand nombre d'emplois. Dans tous les secteurs, il y a une convergence possible entre écologie et économie.

- Dans les domaines comme l'usage de la voiture, ou imagine plus difficilement des changements radicaux...

- C'est plus difficile. Les constructeurs pourraient proposer plus énergiquement des voitures qui ne consommeraient que quelques litres. On a perdu beaucoup de temps. On pourrait faire beaucoup mieux.

- D'où vient cet intérêt pour l'écologie chez vous ?

- Petit enfant quand j'étais à la maternelle, j'allais beaucoup dans le beau jardin de mon grand-père. J'ai reçu de lui un amour profond des plantes et de la nature. Je me suis mis à aimer jardiner. Et puis j'ai aussi reçu de ce grand-père un bel exemple de foi chrétienne. L'amour de la nature et la foi. Ce furent les deux piliers constants et essentiels de ma vie.

- Vos convictions religieuses expliquent aussi votre engagement écologique ?

- Je n'ai jamais séparé les deux choses et je suis peut-être le dernier avatar de ces naturalistes qui dans leur jeunesse ont hésité à devenir religieux ou botaniste. Un grand nombre de naturalistes ont eu cette hésitation dans leur vie parce qu'ils avaient une vision très spirituelle du monde et en même temps un grand intérêt pour la découverte scientifique. C'était comme cela pour moi aussi.

- Y a-t-il dans la Bible ou l'évangile des signes qui confortent votre conviction écologique ?

- Je trouve dans la Bible cette idée constante que le sort de l'homme est celui de la nature sont intimement liés et que les dérèglements que l'homme suscite entraînent des perturbations dont il est ensuite la victime. D'une manière symbolique, puisque nous sommes dans les mythes fondateurs, quand Adan et Eve sortent du Paradis terrestre parce qu'ils ont fait un bêtise, immédiatement la terre se met à produire des chardons. Je trouve cela très significatif... A l'inverse, dans le mythe du déluge, Noë est sauvé avec toute la création, toutes les espèces. Le sauvetage de l'humanité s'est fait en même temps que le sauvetage de la nature. Entre parenthèses, on peut se demander pourquoi Noë n'a pas amené des plantes sur l'arche. Les anciens savaient que les plantes peuvent résister à l'état de graines pendant très longtemps et repartir toutes seules. L'histoire raconte aussi qu'une branche d'olivier a été ramenée par un oiseau sur l'arche. Là aussi, le sauvetage de l'homme s'est fait avec celui de la nature. Dans l'évangile, tout l'environnement est plongé dans un milieu pastoral, rural et j'aime beaucoup cette idée du pain quotidien, cette dépendance pour notre survie ou jour le jour des fruits de la terre... Si vous voulez profiter de votre vie sur terre, vivez en relation étroite, amicale avec le monde des plantes qui vous nourrit. Il y a beaucoup de ressemblance entre la sensibilité de Jésus et la sensibilité indienne à propos de la nature et des plantes nourricières. Jésus a pris d'innombrables exemples pastoraux. Dans l'univers évangélique, on est dans une relation constante avec l'environnement naturel.

- Beaucoup de chrétiens ont aussi cru lire dans la Bible que Dieu confiait à l'homme sa création et qu'il pouvait ou devait même la dominer... Cela a entraîné peut-être des comportements d'exploitation à outrance de la nature.

- Certains on été un peu loin et on dit : Si tout va mal dans le monde occidental, c'est la faute de la Bible. J'entends cela très souvent dans les milieux écologiques. A cela, quelques réponses... Dominer a deux sens. Le "dominus", le seigneur, c'est celui qui domine mais protège en même temps. Certaines phrases ne sont pas heureuses, c'est sûr.  Les écritures ont été inspirées mais ce n'est pas le Père éternel qui a tenu le porte-plume...  L'interprétation littérale doit être dépassé pour découvrir l'esprit, le sens des textes. C'est vrai qu'il y a des textes qui paraissent tout à fait excessifs mais ce n'est pas une spécificité de la Bible. Les Grecs ont déboisé la Grèce entre le VIIIe et VIe siècle avant J-C avec une vision prométhéenne de l'homme. Les Chinois ont déboisé tout l'ouest de la Chine pendant des millénaires.

- Est-ce que vous ne trouvez pas que les Églises chrétiennes sont absentes ou trop discrètes dans les discours sur l'avenir de la planète ?

- C'est mon impression en particulier de l'eglise catholique qui se réveille maintenant.  Il y a enfin en France des réactions qui partent ici et là des paroisses et d'autres catholiques où on me demande de venir parler d'écologie et de spiritualité. Les orthodoxes et les Pères du premier millénaire ont par contre toujours eu une sensibilité très forte à la nature considérée comme un livre où on lit Dieu. Cette vision s'est perdue en Occident petit à petit où l'homme s'est éloigné de plus en plus de la nature. Il y a un retard du monde catholique qui doit maintenant être rapidement rattrapé.  Les protestants ont été en France très présents sur les questions de la nature et de l'écologie dans les années 1970 avec Denis de Rougemont, Jacques Ellul, Théodore Monod et d'autres. J'essaye de porter cette réflexion, en tant que chrétien catholique.

- Saint-François est un précurseur ?

- Il a fait trois choses tout a fait remarquables. Par rapport à une Église riche et vivant richement, il a promu la sobriété d'une vie de pauvre, retrouvant ainsi l'Evangile. Il a promu la beauté du rapport de l'homme et des créatures avec Dieu. On connaît son cantique des Créatures. Il a été aussi non-violent, allant voir le Sultan et tentant le dialogue avec lui. C'est une personnalité prophétique et d'une actualité exceptionnelle. A un moment où la terre est menacée, la sobriété écologique, les respect de la nature et le dialogue avec les autres religions s'imposent.

- Votre dernier livre, qui vient de paraître chez Fayard, s'intitule : C'est vert et ça marche...

- J'y explique qu'il n'y a pas seulement à se lamenter mais qu'on peut faire face et qu'il y a beaucoup d'exemples où des activités dans le domaine du développement durable sont des réussites merveilleuses dont on peut s'inspirer. On peut agir avec forces pour inverser  les tendances.  Source : L'appel

 

 

 

 

20:27 Écrit par Lpv dans Écologie | Lien permanent | Commentaires (4) | Tags : ecologie, religion |  Facebook |

05/03/2007

Propos de carême (2)

L'omelette

On a l'habitude de dire : "Il n'est pas possible de faire une omelette sans casser des oeufs".  Je serai tenté de dire également qu'il n'est pas possible de traiter la problématique de la pauvreté uniquement sous l'angle de l'assistance.  Laissons cette manière d'agir au "monde politique".

L'illusion du bien être matérialiste nous entraîne vers une autre illusion : celle de la réalité perçue.  Cette dernière n'est pas uniquement ce qui est montrè à la télévision ; non, elle est pire !  Afin d'éclaircir les choses, parlons dès à présent de "réalité réelle".

Si nous espérons devenir un jour chrétien, nous devrons réaliser que (pour moi on ne devient pas chrétien par le baptème) devenir chrétien c'est le temps de l'existence terrestre.  En d'autres termes, être chrétien n'est jamais acquis, et que le "chrétien en devenir" doit se démarquer des autres. Traitons la pauvreté avec l'esprit de Jésus, c'est-à-dire, lorsque cela s'avère nécessaire, redevenons des rebelles.  Oui, j'ai bien dit REBELLE.Avoir les pieds et la tête dans la réalité réelle sans être rebelle, est pour moi chose impossible, et heureusement pour mon équilibre psychique...

Le capitalisme fonctionne en grande partie grâce au lobbying exercé sur les dirigeants de ce monde.  Le moins que l'on puisse écrire est que la formule a du succès et de beaux jours devant elle... mais les bénéficiaires de cette méthode sont une frange minuscule de la population globale. Il est grand temps que tous les "chrétiens en devenir" utilisent un égal lobbying sur les dirigeants politiques, mais surtout chez les décideurs économiques. L'authenticité du "chrétien en devenir" est à ce prix. Combattre la précarité dans son quartier ou à des milliers de kilomètres demande une telle organisation.  Alors une question me revient sans cesse à l'esprit : "Quattendons-nous pour casser des oeufs...?"    a+Lpv

16:32 Écrit par Lpv dans Religion | Lien permanent | Commentaires (3) | Tags : religion, careme |  Facebook |

21/02/2007

Propos de carême

L’homme reflet de Dieu

 

 

Chaque homme a potentiellement les mains et le visage de Dieu,  c’est l’après Jésus-Christ.

 

Sans les mains de l’homme, Dieu ne sait pas faire de miracles…     Lorsque nous voyons à la télévision des carcasses humaines déambulant devant les camions d’aide humanitaire, nous ne sommes pas uniquement en présence d’une tragédie humaine, nous sommes également  en présence de nouvelles crucifixions, et d’un  S.O.S. venant de Dieu.  Nous devons comprendre et voir Dieu à partir de la personne humaine : chaque personne possède une petite parcelle de Dieu. 

 

Jésus a été l’incarnation de Dieu sur terre, et l’homme a voulu montrer sa supériorité en le crucifiant !  Deux mille ans après, les crucifixions ont toujours lieu sous d’autres formes : passivité, inaction, chaise électrique, pendaison, décapitation…  Les bien-pensant ont pris l’habitude d’attendre Jésus ; François en eu marre d’attendre, maintenant c’est au quotidien qu’il voit Jésus partout : il lui suffit de regarder les nouvelles du monde.  C’est plus qu’une différence de conception de Dieu, ce n’est pas le même Dieu !  Le Dieu des bien-pensant, est le même que celui des pharisiens.

 

Ce qui devrait différencier les chrétiens des autres religions, c’est la proximité de  Dieu avec les  hommes. 

Nous ne devons pas attendre des signes extraordinaires venant de Dieu, cela a eu lieu il y a vingt et un siècles lorsqu ’il a envoyé son Fils Jésus au… casse pipe. 

Durant sa vie, Jésus a manifesté son espoir en l’homme, sa confiance  en son Père.  La libération de l’homme par l’homme est un des thèmes préférés du message de Jésus.  Un autre est le pardon ; en effet sans celui-ci, toute tentative de vie fraternelle est impossible.

A l’aube de ce troisième millénaire, le christianisme a plus que jamais sa place ; et si comme François, nous pensons que l’humanité doit se transformer en fraternité, ce n’est pas le travail qui manque.

Ancien post du 17.04.06

18:01 Écrit par Lpv dans Actualité | Lien permanent | Commentaires (3) | Tags : religion, careme, actualite |  Facebook |