13/10/2007

Birmanie : faut-il boycotter ?

Birmanie : les sanctions, une arme à double tranchant

Les ONG sont divisées et craignent de pénaliser surtout la population civile. Faut-il boycotter la Birmanie ? Alors que la répression se poursuit en silence, poser la question déchire la communauté internationale, institutions, ONG comme universitaires. L’Organisation internationale du travail (OIT) peut en témoigner. «On est allé aussi loin que possible, comme jamais dans notre histoire, résume Kari Tapiola, l’un des directeurs exécutifs de l’OIT, appelant depuis 2000 Etats comme entreprises à réexaminer leurs relations avec la Birmanie.» Mais jusqu’à présent, et avant une prochaine délibération en novembre, les Etats et les entreprises membres de cette organisation tripartite sont divisées pour pousser plus loin. L’OIT a toujours un représentant à Rangoun, qui instruit les dossiers sur les cas, légion, de plaintes liées au travail forcé. Mais comment faire plier un Etat souverain et dictatorial ? De l’Inde (où Gandhi lança en 1930 un boycott sur les impôts liés au sel) aux Etats-Unis (où Martin Luther King initia le boycott des bus en 1955 contre la discrimination raciale), en passant par l’Afrique du Sud (la prohibition de tout commerce fut l’une des raisons de la chute de l’apartheid), des exemples de l’impact du boycott ne manquent pas. «Le problème , assure Frédéric Debomy, d’Info-Birmanie, qui milite pour des sanctions dures, c’est que même l’Union européenne n’est pas cohérente : des pays comme l’Allemagne ont toujours milité jusque-là pour un engagement constructif plutôt qu’un renforcement de l’arsenal de sanctions.» 

Répression. La situation pourrait changer les 15 et 16 octobre. Dans le collimateur : le bois de teck (voir Libération du 5 octobre). Mais on est encore loin d’un front commun Europe-Etats-Unis. Encore moins d’une résolution contraignante à l’ONU où le Conseil de sécurité, jeudi soir, s’est contenté de «déplorer» la répression. Faut-il en conclure, comme le financier philanthrope George Soros, qui a investi des millions de dollars pour démocratiser les sociétés (et finance Info-Birmanie), qu’ «aucune sanction ne marche, et qu’il faut trouver autre chose ?» Que comme le disait en 2006 l’ex-envoyé spécial des Nations unies auprès de la junte : «Si vous allez à Rangoun, vous verrez que les sanctions frappent les mauvaises personnes», à savoir la population civile plutôt que les militaires ? «Non, répond Janek Kuczkiewicz, de la Confédération syndicale internationale. Les tensions peuvent exister entre militants partisans de pressions radicales et les juristes favorables à une riposte graduée, mais, de notre côté, notre message est clair vu l’ampleur des violations des droits du travail : on appelle toutes les entreprises à cesser de travailler avec la junte. Comme on appelle au boycott du tourisme…»

Les ONG de défense des droits de l’homme divergent sur la conduite à suivre. «A part pousser les femmes à se prostituer, le boycott n’a servi à rien», résume un spécialiste d’Amnesty. Une initiative est en cours pour tenter de trouver, a minima, une position commune. Mais ce n’est pas gagné. Le secrétaire général de la Fédération internationale des droits de l’homme, le Belge Olivier de Schutter, assure qu’il faut juger du boycott au cas par cas. «Dans l’exemple de la Birmanie, qui n’est pas une économie de marché où l’on pourrait investir en marge de l’Etat, il n’est pas possible à des investisseurs étrangers de travailler dans ces secteurs stratégiques sans en passer par l’Etat». De son côté, l’avocat William Bourdon défenseur de Birmans contre Total, rappelle que «la mise en quarantaine est peut-être un remède pire que le mal» et qu’ «il n’y a pas d’exemple historique d’un régime tombé comme un fruit mûr». Faux, rétorquent les partisans du boycott : l’Etat prédateur dépense 50 % de son budget dans les dépenses militaires, contre moins ­­de 3 % dévolus à la santé et l’éducation. 

Fuite.  Le sujet a ébranlé jusqu’aux associations dont l’objectif unique consiste à libérer les Birmans du joug de la junte. L’évolution de Free Burma Coalition (FBC), fondée en 1995 à l’université du Wisconsin, en atteste. Le réseau a d’abord milité pour le boycott. Poussant des multinationales (dont Pepsi, Motorola et Apple) à «ne plus faire affaire avec le Myanmar», avant de faire marche arrière en 2003, après un voyage sur place d’un de ses fondateurs. FBC milite désormais pour une ouverture totale, y compris au tourisme «comme support à l’émergence d’une société ouverte». Mais ce repositionnement a provoqué la fuite de la plupart des membres, partis fonder un autre mouvement, l’US Campaign for Burma (USCB). Kari Tapiola, de l’OIT, résume ainsi la situation : « On peut trouver tous les arguments de la terre en faveur du boycott, et autant contre une telle rétorsion, explique-t-il. Une chose est sûre : il faut manier les pressions et un engagement de tous les instants».  Source : http://www.liberation.fr/

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04/10/2007

Birmanie : rafle nocturne

 

Dans Rangoun, la junte effectue des interpellations nocturnes

LEMONDE.FR avec AFP, AP et Reuters | 04.10.07 | 09h18  •  Mis à jour le 04.10.07 | 09h50

Les forces de sécurité birmanes ont procédé à des dizaines de nouvelles interpellations dans la nuit de mercredi 3 à jeudi 4 octobre, à Rangoun. Comme les nuits précédentes, elles ont ratissé certains quartiers pendant les heures de couvre-feu, notamment le secteur de la pagode Shwedagon qui avait été le point de départ d'importants défilés emmenés par des moines bouddhistes, ont ajouté des sources, sous couvert d'anonymat. Les forces de sécurité semblent disposer de listes de suspects, photographiés ou filmés pendant de grandes manifestations les 24 et 25 septembre, et procèdent systématiquement depuis à des arrestations ciblées dans la plus grande ville de Birmanie. "De nombreuses personnes ont été interpellées dans la nuit mais il est impossible de dire combien avec précision", a déclaré un habitant de Rangoun à l'AFP, ajoutant que certains des marchands ambulants habituels autour de la pagode Shwedagon ne sont plus visibles. Des militaires circulant dans des véhicules équipés de haut-parleur ont prévenu les habitants que les protestataires étaient connus et qu'ils seraient bientôt arrêtés. "Vous devez rester chez vous. Ne sortez pas. Nous avons les photos des personnes que nous recherchons. Nous allons les arrêter", ont dit les soldats dans la plus grande ville de Birmanie. IMPRESSION DE NORMALISATIONLa junte militaire birmane aurait libéré au cours des dernières 24 heures 80 moines et 149 femmes présumées être des religieuses bouddhistes arrêtés la semaine dernière lors de la répression des manifestations anti-gouvernementales. "Nous devons nous cacher. Nous nous sommes joints aux manifestations de manière très pacifique pour prier en faveur de la population. Je ne sais pas ce qui s'est passé mais nous devons nous cacher. J'espère que les choses redeviendront normales bientôt", a déclaré un moine à l'AFP.Pendant la journée, soldats et policiers se font généralement plus discrets dans les rues. "Visuellement, Rangoun revient à la normale mais je pense que les tensions sous-jacentes et la peur sont encore là", a indiqué Charles Petrie, le plus haut représentant de l'ONU en Birmanie. "Nous essayons de localiser un certain nombre de personnes qui n'ont pas été libérées", a-t-il dit. Selon des diplomates occidentaux, les arrestations se compteraient par milliers, tandis que le nombre de personnes tuées lors de la répression des 26 et 27 septembre est bien supérieur aux treize morts admis de sources officielles et officieuses birmanes. Un reporter photographe francophone, qui a couvert la répression de manifestations populaires en Birmanie, a relaté jeudi comment les forces de sécurité avaient ouvert le feu, le 27 septembre, sur une foule de protestataires, dont des religieux bouddhistes. Il affirme avoir appris d'une source fiable proche de l'état-major que les forces de sécurité ont reçu l'ordre, le 26 septembre, de tirer sur toute personne portant une caméra ou un appareil photo.PAS "DE SUCCÈS"Le secrétaire général de l'ONU, Ban Ki-moon, a déclaré mercredi que son envoyé spécial en Birmanie, Ibrahim Gambari, avait délivré un "message fort" à la junte militaire au pouvoir concernant sa répression des manifestations pro-démocratiques. Mais "on ne peut pas parler (...) de succès'', a déploré M. Ban, toutefois ''relativement soulagé'' que son envoyé ait pu rencontrer les chefs de la junte et Aung San Suu Kyi. Selon lui, M. Gambari a reçu l'assurance du régime qu'il pourrait revenir en Birmanie en novembre. L'Union européenne est parvenue mercredi à un accord de principe sur l'adoption de nouvelles sanctions contre la junte militaire au pouvoir au Myanmar, après la répression de manifestations d'opposants. "En gros, il y a accord pour durcir les sanctions", a dit un diplomate après une réunion des ambassadeurs des Vingt-Sept en soulignant que les ministres des affaires étrangères de l'UE en débattraient, le 15 octobre, à Luxembourg. Les autorités ont, elles, campé sur leurs positions, accusant des éléments ''néocolonialistes'' de vouloir déstabiliser le pays.  Source : http://lemonde.fr/

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03/10/2007

Artistes pour la Birmanie

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Artistes pour la Birmanie

Rassemblement ce samedi 6 octobre à midi pour soutenir les Birmans à Bruxelles, place de la Liberté

La semaine passée nous étions un bon millier à soutenir les manifestants birmans. Depuis lors, des informations font état d’arrestations massives des opposants birmans.

Il faut maintenir la pression !

Ce samedi, des artistes nous rejoindront pour manifester par des chansons, des lectures de textes, des dessins leur soutien aux populations birmanes.

Portez un vêtement ou accessoire jaune (fleur, foulard...), couleur symbole des démocrates birmans.                   Source : http://www.amnestyinternational.be

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26/09/2007

Face à la non-violence...

force birmane

Source : http://permanent.nouvelobs.com/ Les manifestants se dispersent, sous l'effet des gaz lacrymogènes et des tirs de sommation, mercredi à Rangoun (AP)

12:55 Écrit par Lpv | Lien permanent | Commentaires (0) | Tags : birmanie, dictature, politique |  Facebook |