01/11/2007

Histoire de plumes

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Greenpeace allume Electrabel

Onze milliards d'euros, telle est la somme qu'Electrabel devrait « rendre » aux consommateurs belges, selon Greenpeace.

Tous plumés par Electrabel. » Aux escalades de tours de refroidissement, aux banderoles déployées au milieu d'installations nucléaires, Greenpeace a substitué un film. Un pamphlet animé plutôt. « Tous plumés. » Pas moins. « Tous » ? Les Belges. « Plumés » ? Onze milliards d'euros de « larcin », selon Greenpeace. Le coupable désigné par l'organisation écologiste : Electrabel.La campagne a débuté ce mardi par trois diffusions à Bruxelles : aux abords des gares du Nord et du Midi ainsi qu'à la Porte de Namur. La suite sera virtuelle (www.eletrobel.be). Que découvrira l'internaute ? L'organisation écologiste raconte « l'histoire » de l'électricité nucléaire en Belgique. Résumé : sept réacteurs atomiques ont été construits (trois à Tihange, quatre à Doel) ; le principal gestionnaire en est Electrabel ; des tarifs électriques « parmi les plus élevés d'Europe » ont été « imposés » aux consommateurs belges en vue d'amortir plus rapidement, en vingt ans (au lieu de trente ou quarante) lesdites installations. Selon Greenpeace, ce mécanisme a permis à la filiale du groupe Suez de dégager des « profits illégitimes » qui dépassent les 3 milliards d'euros et atteindront 11 milliards d'euros en 2025, date théorique de l'extinction du dernier réacteur. Des chiffres que l'organisation écologiste a puisés dans un document de la Commission de régulation de l'électricité et du gaz (Creg).

Gains « illégitimes »

« Le but de ce film est d'envoyer un message aux consommateurs mais aussi aux politiques », explique Fawaz Al Bitar, responsable de la campagne climat/énergie chez Greenpeace qui plaide pour une récupération immédiate de ces profits et de leur utilisation exclusive en faveur des moyens de production d'électricité renouvelable. Comment récupérer ces gains « illégitimes » ? « Plusieurs moyens existent », indique Jan Vande Putte, également responsable de campagne, qui rappelle qu'un projet de loi a été déposé au Parlement visant à taxer les centrales nucléaires. « Le maintien du monopole d'Electrabel hypothèque le développement d'autres sources d'énergie, à tel point que l'on peut se demander comment la Belgique parviendra à répondre aux objectifs européens définis en matière de renouvelables ou d'efficacité énergétique. »Aussi, Greenpeace demande au futur gouvernement de fixer des objectifs à long terme de réduction des émissions de gaz à effet de serre (– 80 % en 2050) et de ne pas remettre en cause la fermeture des centrales nucléaires – l'Orange bleue envisage de maintenir plusieurs réacteurs en service au-delà des délais de fermeture actuellement prévus par la loi.

Cible à de multiples reprises de Greenpeace, Electrabel n'apprécie guère cette nouvelle escarmouche verte : « Les onze milliards ? C'est un modèle théorique basé sur des éléments qui ne correspondent pas toujours à la réalité. La réalité, c'est que le consommateur belge paie, en comparaison des pays voisins, son électricité moins chère », rétorque Lut Vande Velde, porte-parole de la filiale de Suez. Quant à la forme : « C'est une attaque non seulement contre la société mais aussi contre ses employés. Nous étudions comment réagir. » Les avocats d'Electrabel plumeront-ils Greenpeace ? Source :  http://www.lesoir.be/                   

11:58 Écrit par Lpv dans Actualité | Lien permanent | Commentaires (0) |  Facebook |

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