10/10/2007

Birmanie : l'opposition avance prudemment

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L'opposition refuse toute condition
de la junte aux négociations

La semaine dernière, le chef de la junte s'était dit prêt à rencontrer l'opposante Aung San Suu Kyi à condition que cette dernière renonce à encourager l'opposition.L'opposition birmane dirigée par Aung San Suu Kyi a exprimé, mardi 9 octobre, sa volonté de dialogue avec la junte, mais a appelé le régime de Rangoon à ne pas fixer de conditions préalables à l'ouverture de négociations.
La semaine dernière, le chef de la junte birmane, le général Than Shwe, s'était dit prêt, sous certaines conditions, à rencontrer "personnellement" l'opposante et Prix Nobel de la paix Aung San Suu Kyi, assignée à résidence depuis des années.
Les conditions fixées par le général Than Shwe ne sont pas nouvelles: pour que cette rencontre puisse avoir lieu, la chef de file de l'opposition doit d'abord, selon la junte, renoncer à soutenir les sanctions internationales contre le régime militaire et à encourager l'opposition au gouvernement.

"Donnant-donnant"

"Le succès du dialogue est fondé sur la sincérité et l'esprit du donnant-donnant. La volonté d'obtenir un succès est également cruciale, et il ne devrait pas y avoir de conditions préalables", a souligné la Ligue nationale pour la démocratie (LND) dans un communiqué.
"La volonté de se rencontrer et de négocier est la clé pour résoudre les problèmes très graves du pays", ajoute la LND dans sa première réaction publique à l'offre de dialogue lancée la semaine dernière par le chef de la junte.
Outre la proposition de rencontre entre le général Than Shwe et Aung San Suu Kyi, la junte birmane a chargé lundi le vice-ministre du Travail de mener des contacts avec la chef de file de l'opposition. Le vice-ministre du Travail Aung Kyi, un général à la retraite, s'est vu confier un poste d'officier de liaison ("ministre des Relations").
La mission exacte de ce responsable n'a pas été précisée, mais il ressort du communiqué officiel que Aung Kyi sera chargé de cordonner les contacts de Aung San Suu Kyi à la fois avec la junte et l'ONU.

Usage de la force

Mardi, à Genève, le chef du Conseil des droits de l'homme de l'ONU a appelé le gouvernement birman à autoriser sans délai la visite de son expert spécialisé dans la Birmanie, Paulo Sergio Pinheiro, qui ne peut plus se rendre dans le pays depuis 2003.
Dans la soirée, la mission américaine auprès de l'ONU a fait circuler un projet de déclaration modifié sur la Birmanie au Conseil de sécurité, qui "déplore fortement la violente répression par le gouvernement de la Birmanie de manifestations pacifiques, et notamment l'usage de la force contre des figures et des institutions religieuses".
Le texte appelle également la junte à cesser toute "mesure répressive" et à ouvrir un dialogue avec tous les groupes politiques et ethniques dans le pays pour amorcer un processus de réconciliation nationale.

Texte étudié mercredi

Le texte sera étudié par les membres du Conseil mercredi. Alors qu'une déclaration présidentielle n'est pas contraignante, un consensus à l'ONU serait un pas en avant. Plusieurs pays occidentaux souhaitent instaurer des sanctions contre la Birmanie, ce que refuse la Chine, qui détient le droit de veto au Conseil de sécurité.
Enfin, à Londres, un diplomate de l'ambassade de Birmanie en Grande-Bretagne, Ye Min Tun, un diplomate avec dix années de service, a démissionné pour protester contre la violente répression des récentes manifestations pro-démocratiques conduites par les moines bouddhistes, a rapporté mardi la BBC.
Les forces de l'ordre birmane sont intervenues les 26 et 27 septembre dernier pour disperser les manifestations pacifiques contre le régime qui avaient lieu depuis plusieurs jours, ouvrant le feu contre la foule. Selon la junte, 10 personnes sont mortes mais les groupes dissidents estiment que le bilan atteindrait près de 200 morts et que 6.000 personnes ont été arrêtées dont des milliers de moines. (AP)  Source : http://permanent.nouvelobs.com/

 

13:11 Écrit par Lpv | Lien permanent | Commentaires (1) |  Facebook |

Commentaires

bonsoir des pétitions de nos jours y en malheureusement beaucoup à signer...merci de ta visite amitié

Écrit par : 1650zaza | 10/10/2007

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