04/10/2007

Birmanie : rafle nocturne

 

Dans Rangoun, la junte effectue des interpellations nocturnes

LEMONDE.FR avec AFP, AP et Reuters | 04.10.07 | 09h18  •  Mis à jour le 04.10.07 | 09h50

Les forces de sécurité birmanes ont procédé à des dizaines de nouvelles interpellations dans la nuit de mercredi 3 à jeudi 4 octobre, à Rangoun. Comme les nuits précédentes, elles ont ratissé certains quartiers pendant les heures de couvre-feu, notamment le secteur de la pagode Shwedagon qui avait été le point de départ d'importants défilés emmenés par des moines bouddhistes, ont ajouté des sources, sous couvert d'anonymat. Les forces de sécurité semblent disposer de listes de suspects, photographiés ou filmés pendant de grandes manifestations les 24 et 25 septembre, et procèdent systématiquement depuis à des arrestations ciblées dans la plus grande ville de Birmanie. "De nombreuses personnes ont été interpellées dans la nuit mais il est impossible de dire combien avec précision", a déclaré un habitant de Rangoun à l'AFP, ajoutant que certains des marchands ambulants habituels autour de la pagode Shwedagon ne sont plus visibles. Des militaires circulant dans des véhicules équipés de haut-parleur ont prévenu les habitants que les protestataires étaient connus et qu'ils seraient bientôt arrêtés. "Vous devez rester chez vous. Ne sortez pas. Nous avons les photos des personnes que nous recherchons. Nous allons les arrêter", ont dit les soldats dans la plus grande ville de Birmanie. IMPRESSION DE NORMALISATIONLa junte militaire birmane aurait libéré au cours des dernières 24 heures 80 moines et 149 femmes présumées être des religieuses bouddhistes arrêtés la semaine dernière lors de la répression des manifestations anti-gouvernementales. "Nous devons nous cacher. Nous nous sommes joints aux manifestations de manière très pacifique pour prier en faveur de la population. Je ne sais pas ce qui s'est passé mais nous devons nous cacher. J'espère que les choses redeviendront normales bientôt", a déclaré un moine à l'AFP.Pendant la journée, soldats et policiers se font généralement plus discrets dans les rues. "Visuellement, Rangoun revient à la normale mais je pense que les tensions sous-jacentes et la peur sont encore là", a indiqué Charles Petrie, le plus haut représentant de l'ONU en Birmanie. "Nous essayons de localiser un certain nombre de personnes qui n'ont pas été libérées", a-t-il dit. Selon des diplomates occidentaux, les arrestations se compteraient par milliers, tandis que le nombre de personnes tuées lors de la répression des 26 et 27 septembre est bien supérieur aux treize morts admis de sources officielles et officieuses birmanes. Un reporter photographe francophone, qui a couvert la répression de manifestations populaires en Birmanie, a relaté jeudi comment les forces de sécurité avaient ouvert le feu, le 27 septembre, sur une foule de protestataires, dont des religieux bouddhistes. Il affirme avoir appris d'une source fiable proche de l'état-major que les forces de sécurité ont reçu l'ordre, le 26 septembre, de tirer sur toute personne portant une caméra ou un appareil photo.PAS "DE SUCCÈS"Le secrétaire général de l'ONU, Ban Ki-moon, a déclaré mercredi que son envoyé spécial en Birmanie, Ibrahim Gambari, avait délivré un "message fort" à la junte militaire au pouvoir concernant sa répression des manifestations pro-démocratiques. Mais "on ne peut pas parler (...) de succès'', a déploré M. Ban, toutefois ''relativement soulagé'' que son envoyé ait pu rencontrer les chefs de la junte et Aung San Suu Kyi. Selon lui, M. Gambari a reçu l'assurance du régime qu'il pourrait revenir en Birmanie en novembre. L'Union européenne est parvenue mercredi à un accord de principe sur l'adoption de nouvelles sanctions contre la junte militaire au pouvoir au Myanmar, après la répression de manifestations d'opposants. "En gros, il y a accord pour durcir les sanctions", a dit un diplomate après une réunion des ambassadeurs des Vingt-Sept en soulignant que les ministres des affaires étrangères de l'UE en débattraient, le 15 octobre, à Luxembourg. Les autorités ont, elles, campé sur leurs positions, accusant des éléments ''néocolonialistes'' de vouloir déstabiliser le pays.  Source : http://lemonde.fr/

14:32 Écrit par Lpv | Lien permanent | Commentaires (1) | Tags : birmanie, dictature, rafle |  Facebook |

Commentaires

oué et ici on bouge pas ! l'Europe ,la grande europe blabla mais laisse faire...comme d'hab'
c'est honteux !!!
bah dans qq années on "punira" les coupables et on glorifiera les martyres :/

Écrit par : bio | 04/10/2007

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