31/03/2007

Propos de carême (3)

Jésus Christ et la morale  

 

Toute l’ambiguïté des choix et relations humaines se retrouve dans la nébuleuse appelée « morale ».

 

Morale de ceci, de cela, patati et patata…

Les pharisiens n’ont jamais disparu, ils sont toujours les chantres moralisateurs d’antan.  François pensait que l’espèce était en voie de disparition, et sa conclusion penche maintenant vers une recrudescence.  De ce côté là, si Jésus revenait, il ne serait pas trop perdu !  La morale  est devenue trop souvent le repaire des hypocrites. 

Jésus a déclaré (Mc 12,31) : « Voici le second (commandement), tu aimeras ton prochain comme toi-même.  Il n’y a pas de commandement plus grand  que ceux-là ».  Avec ces quelques mots, Jésus réussit une synthèse d’une rare simplicité.  Les grands discours intellectuels peuvent retourner à leurs  chères études.

Une autre innovation de Jésus est le pardon, c’est sans aucun doute, l’acte le plus difficile à mettre en pratique.

Aimer son prochain sans avoir intégré le pardon n’est pas possible. 

Il faut ajouter un « ingrédient » : le partage.

Ce thème est abordé à plusieurs reprises durant la vie de Jésus.  Sans ces trois préceptes, le christianisme n’a plus de raison d’être. 

 

Pour le reste, Jésus n’est pas très bavard, les apôtres le seront plus.  Toutefois, la conformité de leurs propos au message-même de Jésus est parfois difficile a établir.  Au vingt et unième siècle,  il n’est plus raisonnable de déclamer une morale sur une tradition…   Il ne faut pas éclipser d’un coup de crosse magique l’évolution de l’existence.  A entendre les bonzes de Rome, l’homme serait incapable de penser ce qui pourrait être bon pour lui.  Il faut croire qu’ils nous prennent pour des débiles amoraux.  Par chance, il nous reste encore Jésus…  Il est plus facile  d’édicter une « morale » rigide et éternelle que de faire face aux défis présents et a venir.   

 

La dernière campagne électorale présidentielle des Américains a été le théâtre du retour de la  morale.  Le candidat le plus « vertueux » a gagné les faveurs des citoyens d’Amérique.  La morale la plus « vertueuse » a fait pencher la balance dans le camp de l’intolérance.  Ainsi, la guerre de l’axe du bien contre l’axe du mal a été conforté.  Cet exemple montre parfaitement la limite de la morale.  Comment est-il pensable que des millions de personnes croient faire partir de l’axe du bien ?  Il faut croire que leur Dieu est issu de l’époque des Croisades.

Cet état de choses ne satisfait pas François qui, lui, pense que pour adhérer à cette « croyance », il est nécessaire de concevoir le monde uniquement à partir de soi et pour soi.  Avec un peu de logique, il est facile de s’apercevoir que concevoir un monde à partir de soi-même est voué à l’échec ; cela équivaudrait à ce qu’ une partie des humains soit au-dessus de tout et tous.  Dans notre vie quotidienne n’est-ce pas déjà ce principe qui prédomine ?

Dans cet exemple, force est de constater que la morale mal interprétée est devenue immorale.  Ainsi donc la morale devient facilement une tueuse silencieuse…  

 

François a, comme beaucoup, des obsessions ; la sienne est la morale économique.  Ce sujet, nous préférons le rencontrer dans les livres, articles…  Et pourtant, Jésus dans sa vie publique, à bien essayé de convaincre de la nécessité d’établir une morale économique.  Mais, les puissants de cette époque ont vu le danger se rapprocher, nous connaissons l’option qu’ils ont préférée…   Les puissants de notre époque n’ont guère changé les méthodes.  Les procès ne sont même plus nécessaires.

Pour s’en convaincre, constatons simplement les « disparitions »  et « suicides », des personnes qui réclament plus de justice.  En Amérique du sud et Afrique, les Etats tiers n’hésitent pas à  prêter main forte.

Vouloir établir une morale économique est dangereux, pourtant le besoin n’est plus à prouver.  Jésus n’a jamais arrêté son combat pour plus de justice et équité.  C’est sans doute par manque d’intelligence, que François ne comprend pas qu’il soit possible d’être  chrétien et en même temps, être un puissant de ce monde. 

 

Jésus durant sa vie publique ne s’est pas permis d’ ériger une liste d’interdits moraux.  Il a montré au travers de sa vie terrestre la miséricorde du Père.  L’origine de la morale catholique ne trouve donc pas sa provenance en la personne de Jésus.  Elle a été établie par l’homme durant  vingt et un siècles.  Nous pouvons établir qu’elle a évolué durant cette longue période.  Pour ne pas perdre son emprise sur le clergé et le peuple des baptisés, la morale s’est endurcie, et un chapelet d’interdits vu le jour.

Le plus révoltant pour François, c’est que l’intolérance a pris de l’importance au nom de Jésus Christ.  L’objectif de vie fraternelle de Jésus a très vite été remplacé par une morale intolérante, et la libération de l’homme par l’homme renvoyé au placard… 

 

La morale tueuse et silencieuse, occupe une place en vue dans le fonctionnement de notre société actuelle.

L’enseignement de Jésus est détourné au profit de conceptions de vie intolérantes.  La science devient pour certains une œuvre du Malin, alors que son objectif est d’assister l’homme durant les épreuves de sa vie.

L’homme n’est pas immature. Lorsqu’il estime qu’un problème éthique peut survenir,  il prend le temps de réfléchir.  La connaissance du bien et du mal, les religions pensent en être dépositaires.  François comprend très bien cette position : les religions telles que conçues actuellement ont peur de perdre leur monopole.  Pour ma part confie François, je ne peux que me réjouir de cette situation.  Où est Jésus dans ce débat ?  Il ne faut pas le chercher : sa préoccupation est de rendre l’homme responsable face au choix qu’il doit effectuer.  Jésus n’a jamais enseigné sur : l’avortement qui existe depuis toujours, la procréation assistée, l’homosexualité…  Par contre, il n’a jamais caché son opinion sur les pauvres (matériellement et moralement), les gardiens de la doctrine, l’argent…

Bref, les préoccupations de Jésus ne sont pas les mêmes que celles des religions.  Lpv

18:45 Écrit par Lpv dans Religion | Lien permanent | Commentaires (0) | Tags : religion, careme |  Facebook |

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