11/03/2007

Coupure de presse

Il faut sauver la planète !

 

Pollutions, réchauffement du climat et épuisement des ressources : la catastrophe universelle est annoncée. Les chrétiens peuvent-ils rester au balcon ? Les écologistes veulent sauver la nature. Les religions sauver l'homme.  Est-ce compatible ?

 

Dans le combat pour sauver la planète, il y a eu des voix prophétiques qui longtemps ont eu l'impression de prêcher dans le désert.  Les gens "raisonnables" les prenaient pour de doux utopistes ou des oiseaux de mauvais augure quand il annonçaient des catastrophe si l'homme ne changeait pas radicalement de mode de vie, de production et de consommation.

Jean-Marie Pelt "prêche" ainsi depuis plus de trente ans pour un autre rapport de l'homme avec la Nature. Botaniste-écologiste de renom, professeur émérite de Nancy, président de l'Institut européen d'écologie de Metz, ils est connu pour ses nombreux ouvrages sur les plante mais aussi sur les dangers qui menacent la vie sur terre. Parmi ceux-ci, un titre explicite : Après nous le déluge ? C'est aussi un catholique. Écologie et spiritualité peuvent-ils converger ? C'est le credo de Jean-Marie Pelt.

 

- On a l'impression qu'on a jamais autant parlé d'écologie et d'avenir de la planète que ces derniers mois?

- Nous avons créé l'Institut européen d'écologie en 1971. Cela fait 36 ans que je suis dans le bain de l'écologie et cela n'a jamais bougé comme maintenant. Nous sommes arrivés à un stade où les prises de conscience sont généralisées et où surtout les gens voient le réchauffement climatique. Ils constatent les automnes ou les hivers trop doux, les ouragans sur La Nouvelle Orléans. On ne réagit qu'à ce qu'on voit vraiment.

- Cela ne risque-t-il pas d'être un feu de paille ?

- Je ne pense pas que ce sera un feu de paille. Il y a dans les opinions publiques un changement très profond, quel que soit en France le prochain président. Un exemple. Dans le domaine de la lutte contre le réchauffement climatique, tous sont maintenant d'accord pour dire qu'une isolation thermique optimale des maisons permettra de diminuer la facture d'énergie, de diminuer les gaz à effet de serre, créer un grand nombre d'emplois. Dans tous les secteurs, il y a une convergence possible entre écologie et économie.

- Dans les domaines comme l'usage de la voiture, ou imagine plus difficilement des changements radicaux...

- C'est plus difficile. Les constructeurs pourraient proposer plus énergiquement des voitures qui ne consommeraient que quelques litres. On a perdu beaucoup de temps. On pourrait faire beaucoup mieux.

- D'où vient cet intérêt pour l'écologie chez vous ?

- Petit enfant quand j'étais à la maternelle, j'allais beaucoup dans le beau jardin de mon grand-père. J'ai reçu de lui un amour profond des plantes et de la nature. Je me suis mis à aimer jardiner. Et puis j'ai aussi reçu de ce grand-père un bel exemple de foi chrétienne. L'amour de la nature et la foi. Ce furent les deux piliers constants et essentiels de ma vie.

- Vos convictions religieuses expliquent aussi votre engagement écologique ?

- Je n'ai jamais séparé les deux choses et je suis peut-être le dernier avatar de ces naturalistes qui dans leur jeunesse ont hésité à devenir religieux ou botaniste. Un grand nombre de naturalistes ont eu cette hésitation dans leur vie parce qu'ils avaient une vision très spirituelle du monde et en même temps un grand intérêt pour la découverte scientifique. C'était comme cela pour moi aussi.

- Y a-t-il dans la Bible ou l'évangile des signes qui confortent votre conviction écologique ?

- Je trouve dans la Bible cette idée constante que le sort de l'homme est celui de la nature sont intimement liés et que les dérèglements que l'homme suscite entraînent des perturbations dont il est ensuite la victime. D'une manière symbolique, puisque nous sommes dans les mythes fondateurs, quand Adan et Eve sortent du Paradis terrestre parce qu'ils ont fait un bêtise, immédiatement la terre se met à produire des chardons. Je trouve cela très significatif... A l'inverse, dans le mythe du déluge, Noë est sauvé avec toute la création, toutes les espèces. Le sauvetage de l'humanité s'est fait en même temps que le sauvetage de la nature. Entre parenthèses, on peut se demander pourquoi Noë n'a pas amené des plantes sur l'arche. Les anciens savaient que les plantes peuvent résister à l'état de graines pendant très longtemps et repartir toutes seules. L'histoire raconte aussi qu'une branche d'olivier a été ramenée par un oiseau sur l'arche. Là aussi, le sauvetage de l'homme s'est fait avec celui de la nature. Dans l'évangile, tout l'environnement est plongé dans un milieu pastoral, rural et j'aime beaucoup cette idée du pain quotidien, cette dépendance pour notre survie ou jour le jour des fruits de la terre... Si vous voulez profiter de votre vie sur terre, vivez en relation étroite, amicale avec le monde des plantes qui vous nourrit. Il y a beaucoup de ressemblance entre la sensibilité de Jésus et la sensibilité indienne à propos de la nature et des plantes nourricières. Jésus a pris d'innombrables exemples pastoraux. Dans l'univers évangélique, on est dans une relation constante avec l'environnement naturel.

- Beaucoup de chrétiens ont aussi cru lire dans la Bible que Dieu confiait à l'homme sa création et qu'il pouvait ou devait même la dominer... Cela a entraîné peut-être des comportements d'exploitation à outrance de la nature.

- Certains on été un peu loin et on dit : Si tout va mal dans le monde occidental, c'est la faute de la Bible. J'entends cela très souvent dans les milieux écologiques. A cela, quelques réponses... Dominer a deux sens. Le "dominus", le seigneur, c'est celui qui domine mais protège en même temps. Certaines phrases ne sont pas heureuses, c'est sûr.  Les écritures ont été inspirées mais ce n'est pas le Père éternel qui a tenu le porte-plume...  L'interprétation littérale doit être dépassé pour découvrir l'esprit, le sens des textes. C'est vrai qu'il y a des textes qui paraissent tout à fait excessifs mais ce n'est pas une spécificité de la Bible. Les Grecs ont déboisé la Grèce entre le VIIIe et VIe siècle avant J-C avec une vision prométhéenne de l'homme. Les Chinois ont déboisé tout l'ouest de la Chine pendant des millénaires.

- Est-ce que vous ne trouvez pas que les Églises chrétiennes sont absentes ou trop discrètes dans les discours sur l'avenir de la planète ?

- C'est mon impression en particulier de l'eglise catholique qui se réveille maintenant.  Il y a enfin en France des réactions qui partent ici et là des paroisses et d'autres catholiques où on me demande de venir parler d'écologie et de spiritualité. Les orthodoxes et les Pères du premier millénaire ont par contre toujours eu une sensibilité très forte à la nature considérée comme un livre où on lit Dieu. Cette vision s'est perdue en Occident petit à petit où l'homme s'est éloigné de plus en plus de la nature. Il y a un retard du monde catholique qui doit maintenant être rapidement rattrapé.  Les protestants ont été en France très présents sur les questions de la nature et de l'écologie dans les années 1970 avec Denis de Rougemont, Jacques Ellul, Théodore Monod et d'autres. J'essaye de porter cette réflexion, en tant que chrétien catholique.

- Saint-François est un précurseur ?

- Il a fait trois choses tout a fait remarquables. Par rapport à une Église riche et vivant richement, il a promu la sobriété d'une vie de pauvre, retrouvant ainsi l'Evangile. Il a promu la beauté du rapport de l'homme et des créatures avec Dieu. On connaît son cantique des Créatures. Il a été aussi non-violent, allant voir le Sultan et tentant le dialogue avec lui. C'est une personnalité prophétique et d'une actualité exceptionnelle. A un moment où la terre est menacée, la sobriété écologique, les respect de la nature et le dialogue avec les autres religions s'imposent.

- Votre dernier livre, qui vient de paraître chez Fayard, s'intitule : C'est vert et ça marche...

- J'y explique qu'il n'y a pas seulement à se lamenter mais qu'on peut faire face et qu'il y a beaucoup d'exemples où des activités dans le domaine du développement durable sont des réussites merveilleuses dont on peut s'inspirer. On peut agir avec forces pour inverser  les tendances.  Source : L'appel

 

 

 

 

20:27 Écrit par Lpv dans Écologie | Lien permanent | Commentaires (4) | Tags : ecologie, religion |  Facebook |

Commentaires

Magnifique J'ai lu un livre de jean Marie Pelt que mon gendre connait( gendre docteur en biologie formant des jeunes en IUT à des métiers en lien avec l'écologie ). J'apprécie d'autant tes choix qui sont aussi clairement identifiés sur le plan spirituel que je partage !

Écrit par : NicoleA1 | 20/03/2007

Bonjour Pélerin Oui oui l'écologie doit être endossé comme un vêtement que l'on ajoute à sa philosophie de vie, à sa spiritualité, et donc faire partie intégrante de notre façon d'être... et si la spiritualité ou la religion s'allient à l'écologie c'est une signe d'intelligence à mon avis :=))
Je manifeste pour une famille super sympa qui va être expulsée sur mon blog, ton passage me ferait grand plaisir.
Merci pour tous tes partages.
Yasmina

Écrit par : Yasmina | 25/03/2007

Jean-Paul II répond oui Pour le défunt pape, la défense de la nature découlait de la défense de l'homme. Le préservation de l'environnement est une exigence divine et un devoir dicté par le respect de la vie et de la personne humaine (voir l'article "Jean-Paul II l'écologiste sur mon blog).
Une écologie humaine donc, théocentrique.

Écrit par : filipe | 29/08/2007

JP II n'est... ... pas mon idole, mais... je conçois très bien qu'il n'a pas dit que des conneries ! Lpv

Écrit par : Lpv | 29/08/2007

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