31/03/2006

La responsabilité...

Restaurer la responsabilité 

 

 

C’est en s’affirmant « citoyen du monde » que François observe la faillite du  modèle  occidental.

Oui, la déconfiture ne s’annonce pas,  elle est déjà largement entamée.

 

Notre civilisation a commencé depuis le 19° siècle à  péricliter, et ce, en s’accélérant. 

La politique occidentale aura réussi à transformer les trois- quarts de l’humanité en un énorme « pénitencier » sous le regard bien veillant des biens pensants.

 

La société capitaliste contemporaine nous a apporté une vie, certes, plus confortable sur le plan matériel.

Mais, à quel prix !

Le labeur du travailleur sera largement taxé, l’actionnaire, lui, touchera ses dividendes sans taxe !!!

Quand le politique pense éventuellement prélever une taxe sur ces dividendes, les sociétés privées font le gros dos.

Pourtant ce ne serait que justice.

Il faut croire que capitalisme et justice ne font pas bon ménage…

 

Dans les mœurs actuelles, pour être heureux, il faut accumuler du fric, des biens… !

Cela s’appelle « gérer en bon père de famille ». 

Il serait plus adéquat d’appeler cela « gestion clôturée », l’argent repart dans le système et ainsi de suite.

Pendant toute cette période de l’existence, la pauvreté a augmenté. Or, logiquement elle aurait dû diminuer.

 

C’est à partir de ce constat que François découvre que nous fuyons nos responsabilités.

Car, il faut bien s’entendre : si nous n’avons pas directement de responsabilités vis à vis d’un inconnu, notre attitude inconsciente nous rend responsables envers autrui. Ce n’est pas un choix mais bien la conséquence. 

 

La notion de responsabilité n’est pas dictée par un choix : elle est la conséquence d’un acte ou d’un non-acte. 

 

Il n’y a pas de responsabilité partielle dans le cas du non-acte. Par contre, en ce qui concerne l’acte, nous avons parfois une responsabilité partielle.

Nous voilà en présence  d’un concept amusant, se dit François.  Pourquoi serais-je responsable d’une action non commise, ni même pensée ???

Notre ami a-t-il « déraillé » à la faveur d’un altruisme exacerbé ?

Non, il s’agit de créer une dynamique non stagnante.

Pour progresser durablement, il est nécessaire et urgent de créer une dynamique vivante à long terme.

 

Il y a de cela quelques années déjà, François se souvient d’un professeur tentant de le convaincre que la porte de la classe était bien …fermée.

Comme à son habitude et assez ironiquement, il contredit le professeur d’une manière catégorique.

La porte pour lui, était ouverte malgré que l’on voyait bien qu’elle fût fermée ; ce qui ne manqua pas d’amuser la galerie.

L’explication était que pour François, la porte était bien ouverte, puisque le professeur ne l’avait pas verrouillée à clef !

Dans le même registre, ce n’est pas parce que je ne  connais pas telle situation qu’elle n’existe pas.

Pourtant, si je prends en considération ce que telle circonstance peut devenir, je peux agir sur les conséquences.

 

Restaurer la responsabilité n’est pas gagné d’avance, ce n’est pas non plus insurmontable.  Lorsque nous comprendrons qu’il est possible d’interférer sur les conséquences des situations que nous ne connaissons même pas, l’homme fera un pas dans la bonne direction.

Dès cet instant, l’homme pourra parler réellement de progrès !

Lors de nos gestes quotidiens, nous avons la possibilité d’interférer ;  prenons simplement l’habitude de regarder d’où vient le produit, comment sont les conditions de travail du pays producteur…  

 

Quand tous ces gestes feront partie du quotidien, nous pourrons nous déclarer « citoyen du monde ».

Pour François, le cas échéant, il s’agirait de pratiquer une sorte de « boycott citoyen », et ce, dans une volonté de commerce équitable. 

 

Actuellement le boycott n’est plus au goût du jour.

Nos dirigeants, il est vrai, par manque de courage, se sont persuadés que cette solution créerait trop de déséquilibres en termes d’échanges commerciaux.

Une trop infime partie de la population essaye d’acheter de manière équitable ; le résultat est très insuffisant.

Nous voilà en présence d’un effet néfaste du libéralisme.

Le libre échange fonctionne sur un concept non avoué qui ne peut qu’être appelé : exclusion !

 

Notre système économique a créé des richesses et permis des avancées sociales.

Lorsque les sociétés s’aperçoivent que les coûts de production sont trop élevés, pas de place pour les sentiments, et les délocalisations  pleuvent. 

Les drames sociaux et les détresses humaines, ne sont pas prévus dans leurs statuts. 

Le seul paramètre que tous les systèmes économiques n’ont jamais réussi à contrôler totalement est : l’être humain.   Or, nous participons pleinement et passivement à la création de véritables bombes sociales à retardement.

Le paradoxe c’est que nous en serons également les victimes.

 

Nous ne saurions plus  inverser la vapeur. Tout au plus  pouvons-nous atténuer les conséquences  en agissant et reconnaissant  notre responsabilité envers un non-acte. 

 

Prochain post : Saborder la Tour d'ivoire Occidentale

12:20 Écrit par Lpv dans Être citoyen... | Lien permanent | Commentaires (4) |  Facebook |

Commentaires

ma responsabilité Ma responsabilité est de changer une petite chose par semaine pour me sortir du système dans lequel je me suis laissée fourrer... pour autant que mes moyens me le permettent. Penser global, agir local. Plus de voiture depuis 1an 1/2, à pied et en transports publics, appris à réparer mes habits, mes chaussures, laché les produits d'entretien chimiques, jardiner, faire des choix pour moins travailler, offrir de mon temps... 52 petites actions pour 2005 et la liste continue en 2006... mais sur le web, j'ai l'impression que nous sommes des millions à nous préoccuper de la planète que nous laisserons à nos enfant, dans la réalité, j'ai l'impression que nous sommes une poignée.

Écrit par : ET ma Nue Ailes | 31/03/2006

Ben non Je pense qu'il y a de plus en plus de monde qui prennent conscience de la co-responsabilité de l'évolution de la terre, et moi aussi Et ma Nu Ailes, je fais des tas de petits changements dans mon quotidien pour moins consommer, pour acheter plus intelligent. Mais on ne redresse pas une situation aussi mal avancée aussi rapidement, c'est pourquoi il faut continuer et continuer et à en parler et perséverer.
Bisous "reconditionné"
Malika

Écrit par : Malika | 01/04/2006

OK le plus difficile est de ne pas se sentir isolé et un peu "idiot" quand on repose un paquet pour en prendre un autre par exemple, mais c'est vrai que le nombre d "agissants" ns semble bien restreint

Écrit par : Anna Thème | 02/04/2006

Agir ... pour changer les mentalités ...; Certes modifier individuellement sa manièrede vivre et de consommer me semble important mais comment faire passer le message aux ados habitués au "tout tout de suite et comme je veux" (cf la proportion de propriétaires de téléphones portables et de i pod dans le lycée où je travaille, sans paler des vacances dans des contrées lointaines dont ils ne verront que les hotels de luxe et pas la pauvreté )
Je suis bien d'accord avec l'idée que la pauvreté se dit en statistiques (qui nous donnent mauvaise conscience pendant quelques instants , mais pas en réalités humaines ...
Vendredi nous avons proposé un "repas solidaire" aux jeunes : au déjeuner au self du lycée les volontaires ont choisi de ne manger que du riz et une pomme et la différence entre le prix du repas habituel et le repas solidaire sera reversé . Ils ont été 412 à partiper (sur 1300 élèves concernés ) ...c'est une goutte d'eau dans l'océan ...mais si chacun de nous , là où il est, et par les moyesqui sont les siens, arrive à agir au dela de lui même ... à questionner les braves citoyens sur leur propre responsabilité et leur propre manière de consommer ...la "contaminationde la responsabilisation " gagnera du terrain .... NicoleA

Écrit par : NicoleA | 03/04/2006

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