24/03/2006

S'humaniser

La charité 

 

 

La charité  n’est pas en elle-même une chose mesurable, il faut se dépasser, et  « entrer dans» la ou les personnes qui souffrent, pour commencer à comprendre ; on peut dire en résumé que la charité c’est avant tout commencer à s’humaniser soi-même.

 

Connaître, comprendre, …

Ce n’est pas parce que telle personne est dans le besoin, que j’en connais et sais comprendre la raison.

Or, connaître la raison est primordial, afin de mieux cerner le « pourquoi » et  pour ensuite chercher des solutions.

 

Au niveau mondial, nous connaissons les raisons qui ont poussé les dirigeants occidentaux à maintenir l’Afrique dans la relation « assistant-assisté ». 

La notion d’économie ne fait pas bon ménage avec les populations au  statut précaire.  C’est plus facile de distiller de l’aide, fût-ce à la limite  de la décence.  

Choisir le paternalisme dans une relation avec une personne plus faible que soi, n’est pas un acte charitable, et encore moins une solution à long terme, comme François la conçoit.

Le paternalisme ne s’attaque pas à la racine ; il entretient la relation «  assistant-assisté ».

Cependant, il faut bien relativiser ce qui précède, car cette relation est philanthropique, et… c’est mieux que rien !

 

Dans un article publié dans le quotidien « Le Monde », le président du Brésil LULA déclarait ce qui suit :

 

« L’abondance et l’injustice ont été les caractéristiques majeures du vingtième siècle.  Ces quarante dernières années, le PIB mondial a doublé, pendant que l’inégalité économique entre le centre et la périphérie de la planète a triplé.  Les 25% les plus riches de la planète consomment 80% des ressources disponibles.

Ceci, alors que près de deux milliards de personnes vivent en dessous du seuil de pauvreté, avec moins de deux dollars par jour.  

Les économies des pays industrialisés dépensent 900 milliards de dollars pour protéger les frontières mais consacrent moins de 60 milliards pour les pays pauvres, là où la faim est la première arme de destruction massive, et où elle tue 11 enfants chaque minute, 24.000 personnes chaque jour, soit l’équivalent d’un tsunami par semaine.

L’idée d’une civilisation qui laisse mourir ses propres enfants est terrifiante.  Si nous ne réussissons pas à stopper l’augmentation de l’inégalité, si les objectifs de développement du Millénium ne sont pas atteints, ce sera la plus grande défaite humaine de ce siècle.  Pour vaincre l’injustice il faut aussi vaincre l’indifférence. »

 

Toutefois, si nous voulons vaincre l’indifférence, il faut d’abord vaincre l’égoïsme, et sur ce dernier point, François reste perplexe. 

Le narcissisme est partout.  Pour améliorer cet état, il faudrait effectuer une sorte de lavage du cerveau, afin,   d’oublier notre mode de fonctionnement.

 

Le président LULA lorsqu’il évoque : «ce sera la plus grande défaite humaine de ce siècle », utilise le futur, quel optimiste !  La défaite est présente dans notre histoire.  En ce qui concerne le quotidien, la défaite humaine est une réalité bien installée. 

Nous le savons : exister pour des centaines de million      d’humains est leur seule activité, le futur pour ces personnes se limite à l’espérance.

 

Prochain post : Plaidoyer en faveur de la "sous-humanité"

10:52 Écrit par Lpv dans Être citoyen... | Lien permanent | Commentaires (4) |  Facebook |

Commentaires

my mood L'information dépasse peu les frontiéres, l'individu n'est inquiet que pour son bien être, les politiques ont une vision à court terme...Sinon tout va bien!

Écrit par : styx on the moon | 24/03/2006

OUi Ces derniers mois j'ai eu l'occasion d'accompagner de très très près des sans abris, des sans papiers, des paumés, et j'ai fait avec eux le parcours du combattant pour trouver de l'aide, médicale, sociale, financière, psychologique, humaine...pas évident du tout !!!
Le plus gros problème à mon sens est le manque de respect que manifestent les personnes qui détiennent le "pouvoir" face à ces demandeurs affaiblis, destructurés, démunis.
C'est fou comme l'Homme aime montrer sa supériorité, sa suffisance avant de daigner aider celui qui est en demande.
Cela doit à mon avis combler une frustration ou une névrose bien cachées.
MAIS, il y a aussi sur le parcours des gens formidables, dévoués, simples, aidant, efficaces et j'en ai rencontrés et jamais je ne perdrai leur adresse et téléphone...d'ailleurs un esprit de complicité entre nous s'est mis en place. Ces gens là forment un réseau d'entraide et tissent entre eux une toile d'amitié.
Tout cela pour te dire, que même si on donne une pièce aux mendiants, même si on fait un virement aux organismes humanitaires, même si on aide à l'occasion le voisin ou le passant, on imagine pas ce que les "paumés" de la terre vivent au quotidien, comme s'il leur fallait mériter de re-monter à la surface sans quoi ils peuvent mourir noyés.
Bisous empathique pour tous les paumés de la terre,
Malika

Écrit par : Malika | 25/03/2006

Partage La charité, c'est mieux que rien, certes, mais elle laisse entre les deux l'immense barrière du pouvoir et de la puissance de l'un sur l'autre. La notion de partage est plus large mais doit en bousculer une autre, et pas des moindres, celle de la propriété.... C'est LE VOL, disait l'autre. Qu'emporterons-nous dans nos tombes ?

Écrit par : L'Oeil Vagabond | 25/03/2006

Con-naître Con-naître, naître avec celui qui est dans le besoin pour en comprendre les attentes. Les satisfaires, parfois seulement les reconnaître sans pouvoir aller au-delà. Mais ne jamais laisser tomber la garde. Rester vigilant pour analyser les situations avec le plus d'honnêteté possible. Se tromper parfois, être incohérent, apar lâcheté, impuissance ou paresse ... mais le savoir et revenir avec courage et détermination sur la route d'humanisation des nantis que nous sommes. Merci de nous rappeler ces enjeux du Monde à transmettre en héritage à ceux qui nous suivront. Amitiés!

Écrit par : FC | 26/03/2006

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