15/02/2006

...avoir ses racines sur la lune

Être citoyen du monde et

avoir ses racines sur la lune

 

 

 

 

 

Introduction

 

 

                       

Sous le ciel étoilé d’un soir de septembre, en cette saison où les espoirs légers du printemps ont étés brûlés sous les ardeurs de l’été, et où tout devient sereinement plus vrai. 

François regarde attentivement la lune pendant un long moment. 

Et puis, comme jaillie d’une source profonde, survient en lui cette intime conviction : « mes racine sont là-haut ». 

Jusqu’alors il se disait « Citoyen du monde ».

 

Une partie de nos contemporains pensent qu’être citoyen du monde correspond à un mode de vie s’apparentant aux voyages, ceux des loisirs ou ceux du business.  Pour François, il s’agit de tout autre chose.  Il se dit être de partout et de nulle part, au sens où le citoyen du monde est celui qui accepte tout être humain à part entière, quelle que soit  la classe sociale à laquelle il appartienne, quelle que soit sa couleur de peau.  Autrement dit, cette citoyenneté se caractérise par une ouverture à la différence.

Ce qui est tout aussi clair à ses yeux, c’est que cette ouverture suppose que chacun ait ses racines particulières et soit bien conscient de ses origines.  La découverte de ses propres racines peut prendre beaucoup de temps ; peut-être toute une vie, laquelle alors sera en perpétuelle évolution.

 

Où se trouvent ses racines ? 

Dans sa prime jeunesse, il n’y portait guère d’attention. 

Le monde était beau et l’amusait beaucoup.

Quelques années plus tard, des questions graves et préoccupantes lui sont venues à l’esprit ; au point qu’il lui fut impossible de s’en détacher.  Commença alors une longue réflexion, la recherche d’un sens à donner à la vie.  Il se dit intérieurement : « il n’est pas possible de continuer ta vie de cette façon ». 

Mais que faire ? Et déjà comment digérer cette découverte ?

 

Il lui fallut un certain temps pour prendre un long recul par rapport à sa propre personne et la société.  Beaucoup ont alors pensé qu’il était « à côté de ses pompes ».  Peut-être y est-il toujours pour eux.  Qu’importe !

Le principal est d’avoir pris suffisamment de distance pour commencer à comprendre le fonctionnement de la société avec ses dérives.  Il ne lui suffit dès lors plus d’être un Européen convaincu pour avoir des racines bien établies. 

Il l’accepte aujourd’hui.

 

Plusieurs années ont passé, il s’est marié et a fondé une famille.  Pendant ce temps, le problème de ses racines ne l’a plus guère préoccupé.  Voici que trois ans plus tard, son statut ayant changé, il s’est retrouvé avec du temps devant lui pour se poser à nouveau cette question : « où sont mes racines ? » Ces derniers temps lui ont fait découvrir qu’elles ne sont certainement pas établies.

Alors commence une longue observation des comportements individuels et collectifs, en quête d’une réponse.

Faisant confiance et pensant que l’homme est bon, il se fourvoie dans beaucoup de directions.  Il en convient, il est naïf ! Naïf dans le travail comme dans la pensée.  Malgré tout, il reste positif.  Car il a rencontré des personnes qui ne vivent pas uniquement pour elles-mêmes, et estime qu’elles valent la peine d’être mieux connue.

Or cela ne suffit pas à le satisfaire dans sa recherche.  Ses racines sont plus difficiles à trouver…

Serait-il alors une sorte d’illuminé, voire un extra-terrestre ? 

Non, il essaie simplement de comprendre pourquoi il est différent et ne s’inscrit manifestement pas dans cette grosse majorité qui se caractérise par l’indifférence. Eh oui, cela paraît simple, mais lui a pris beaucoup de temps pour le réaliser et l’accepter.           

Il comprend maintenant son mal-être dans cette pseudo-humanité qu’il partage avec tous.  Il ne peut l’accepter ni en être le complice ; il ne peut-être la victime passive de cette sois-disant humanité s’auto détruisant.  En ce sens, il conclut que ses racines ne sont pas terrestres.

 

*

 

Vouloir avoir ses racines sur la lune, c’est bien sûr, une provocation, un souci de se désolidariser de cette société courant droit dans le mur.  François en est néanmoins conscient, cela comporte deux dangers : 

 

- Celui de s’enfermer dans un monde d’idéalisme : un retour sur cette bonne vieille terre s’impose.

-     Celui de l’exclusion : à la réflexion néanmoins, il s’aperçoit qu’il est encore possible de retrouver un espace de la liberté confisquée par la pression ambiante. 

 

Entre-temps notre ami a trouvé ce qu’il cherchait ; il est « heureux ».

15:25 Écrit par Lpv dans Être citoyen... | Lien permanent | Commentaires (3) |  Facebook |

Commentaires

Où est la vraie question? Se désolidariser du monde, c'est aussi se couper de lui. Or le problème n'est pas tant de savoir où sont nos racines. Le vrai problème, quand on a retrouvé ses racines, c'est de savoir où nos racines peuvent-elles s'enraciner? Nous sommes du monde, même si, à la suite du Christ, Notre royaume n'est pas de ce monde. Mais nous, nous en sommes! C'est donc ici qu'il faut enfoncer nos racines et fructifier. Incompatible avec une désolidarisation du monde... On peut par contre, je suis daccord, se désolidariser dune forme de pensée par trop véhiculée qui s'apparente d'un climat social non solidaire et très polluant! Amitiés!

Écrit par : FC | 15/02/2006

Bonsoir, Il y a pas de vrai de de fausse question, ce texte est une introduction à d'autre textes qui suivront. Ceci n'est que le cheminent de François amenant à d'autres questions... Je me permets sans agressivité de ma part de rappeler les dernières phrases du post :

- Celui de s’enfermer dans un monde d’idéalisme : un retour sur cette bonne vieille terre s’impose.

- Celui de l’exclusion : à la réflexion néanmoins, il s’aperçoit qu’il est encore possible de retrouver un espace de la liberté confisquée par la pression ambiante.
Entre-temps notre ami a trouvé ce qu’il cherchait ; il est « heureux ».

Amitiés !

Écrit par : Le pèlerin vagabond | 15/02/2006

racines Sur ce coup là, je vais vous paraître superficielle...Avec mes racines irlandaises, vietnamiennes, et parisiennes (si, si...Même malgré mon teint blanc, rose sur les joues et mes yeux mi-bridés selon l'heure et le jour ) Je ne rêve que d'un continent : l'Australie, pour observer une fois dans ma vie...Un ornithorynque...Je ne plaisante pas ! Au diable la lune ! Vive l'ornithorynque !

Écrit par : coco | 24/03/2006

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